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Fleurs, gummies, huiles : ce que révèlent les rappels de produits au CBD d’octobre

Deux sachets de fleurs, trois séries de gummies, des huiles de chanvre « spectre complet » et plusieurs huiles pour animaux : depuis le début du mois d’octobre, les produits au CBD se succèdent sur RappelConso, le site officiel des rappels de produits. La dernière vague date du vendredi 16 octobre. Derrière ces fiches administratives se dessine une même ligne de force : les contrôles portent désormais autant sur la teneur réelle en THC que sur le statut juridique du CBD lui-même.

Le 16 octobre, deux fleurs indoor retirées de la vente

La boutique CBD’eau, qui vend en Auvergne-Rhône-Alpes, a publié deux rappels volontaires le 16 octobre. Ils concernent deux fleurs vendues en sachets scellés de 2 grammes : l’OG Kush indoor, affichée à 0,11 % de delta-9-THC, et la Tangerine Dream indoor, affichée à 0,14 %. Le motif inscrit sur les deux fiches est le même : un taux de delta-9-THC supérieur au taux recommandé par l’Anses.

Le détail mérite qu’on s’y arrête. Ces deux fleurs sont classées par l’administration dans la catégorie « herbes et épices », donc parmi les produits alimentaires. C’est cette qualification qui change tout. Une fleur peut respecter le seuil qui encadre la culture du chanvre et être tout de même jugée trop chargée en THC dès lors qu’elle est présentée comme pouvant être consommée, par exemple en infusion. Le référentiel n’est plus seulement agricole. Il devient sanitaire.

Selon les fiches, ces références étaient commercialisées depuis le 18 juin 2021 et l’ont été jusqu’au 7 octobre 2026. La consigne donnée aux acheteurs est classique : ne plus consommer le produit, le rapporter au point de vente ou contacter le vendeur, avec un remboursement à la clé.

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Des gummies vendus dans toute la France

La semaine précédente, ce sont les bonbons qui étaient visés. Les 6 et 7 octobre, trois fiches ont été publiées pour des gummies « sans marque » dosés à 10, 20 et 30 mg, déclinés en une dizaine de parfums (fraise, cola, myrtille, pastèque, mai tai…). Le distributeur indiqué est la SARL Thitan, et la vente couvrait toute la France.

Le motif est formulé de façon plus précise que pour les fleurs : une non-conformité due à un taux de THC trop élevé, « conduisant à un dépassement de la dose de référence aiguë en delta 9 THC ». Autrement dit, ce n’est pas seulement le pourcentage affiché qui pose problème, mais la quantité de THC qu’un consommateur peut absorber en mangeant le produit. Pour la fiche des gummies 30 mg, la période de commercialisation s’étend du 24 juin au 29 juillet 2026.

Ce que signifie la « dose de référence aiguë »

La dose de référence aiguë est un repère toxicologique : la quantité d’une substance que l’on peut ingérer en une prise sans risque appréciable pour la santé. Pour le THC, elle sert de base à l’évaluation des produits destinés à être avalés. Un gummy concentre la matière active dans une petite bouchée, souvent consommée à plusieurs unités. Un taux de THC modeste en pourcentage peut donc représenter une dose significative par prise. C’est exactement ce que pointent ces rappels.

Un arrêté préfectoral pour des huiles alsaciennes

Toutes les procédures ne sont pas volontaires. Les huiles de chanvre CBD à 5 % et à 15 % « spectre complet » des Planteurs Alsaciens font l’objet d’un rappel imposé par l’arrêté préfectoral n° DDPP67-SSA-2026-50, dont la fiche a été republiée le 5 octobre. Le motif est une teneur en delta-9-THC susceptible d’exposer le consommateur à une dose supérieure à la dose aiguë de référence retenue par l’administration.

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La fiche précise que tous les lots sont concernés, car les factures ne comportent pas de numéro de lot. Les produits étaient vendus en ligne et dans trois points de vente du Bas-Rhin, à Strasbourg, Erstein et Bouxwiller. Pour un consommateur, c’est un rappel utile : sans numéro de lot sur la facture, il est impossible de distinguer une bouteille conforme d’une autre. La traçabilité n’est pas qu’une formalité.

Les huiles pour animaux, l’autre front

Le reste des fiches d’octobre concerne les animaux de compagnie. Huiles pour chiens et chats de plusieurs marques, conserves au bœuf et au poulet dosées à 50 mg de CBD, huile à 3 % : ici, ce n’est pas le THC qui est en cause. Le cannabidiol lui-même n’est pas autorisé comme additif dans l’alimentation animale. Sur l’ensemble du mois, la base ouverte des rappels recense 17 fiches publiées depuis le 1er octobre qui mentionnent le CBD, humains et animaux confondus.

Ce que cela change pour l’acheteur

Ces rappels ne signifient pas que le CBD est interdit en boutique. Ils montrent plutôt que deux questions sont désormais regardées de près : le produit est-il présenté comme comestible, et quelle dose de THC apporte-t-il réellement ? Quelques réflexes en découlent.

Gardez l’emballage et le ticket, et vérifiez qu’un numéro de lot ou une référence d’analyse figure sur le sachet. Méfiez-vous des produits « sans marque » ou sans distributeur identifiable. Ce sont eux qui reviennent le plus dans les fiches. Demandez le certificat d’analyse du lot : un vendeur sérieux le fournit sans difficulté. Enfin, si vous possédez l’un des produits cités, la marche à suivre est inscrite sur chaque fiche : arrêter de le consommer et le rapporter pour être remboursé.

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Le contexte politique bouge aussi. Une proposition de loi déposée au Sénat le 8 octobre veut justement renforcer la traçabilité de la filière. Les rappels de ce mois-ci en donnent une illustration très concrète.

Questions fréquentes

Où vérifier si mon produit au CBD est rappelé ?

Sur rappel.conso.gouv.fr, en cherchant « CBD » ou le nom de la marque. Chaque fiche indique les références, les lots, les points de vente et la conduite à tenir.

Pourquoi une fleur CBD est-elle rangée dans les « herbes et épices » ?

Parce que, dans ces fiches, elle est traitée comme un produit pouvant être consommé, par exemple en infusion. Ce classement alimentaire conduit à l’évaluer au regard de la dose de THC ingérée, et pas seulement du taux de la plante.

Ethan Monnier

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